La Gauche dite « Républicaine » et l’antisémitisme :
Débat du 23 septembre 2026 sur la chaine d’information LCI (Groupe TF1)
Ce débat organisé par David Pujadas, s’est enflammé lorsque la situation en Israël (trop souvent dénommée « problème palestinien ») a été abordée, alors que l’Ukraine avait été très brièvement traitée sur la base de trop vaines et promesses d’usage en matière d’action.
Les cinq candidats de la gauche républicaine à la primaire pour les prochaines élections présidentielles, étaient présents : Raphaël Glucksman (46 ans), Emmanuel Maurel (53ans) qui pourtant siège avec le groupe communiste, Ségolène Royal (73 ans), Olivier Faure (58 ans) Premier secrétaire du PS et Jérôme Guedj (54 ans).
Les concessions de Raphaël Glucksman et de Jérôme Guedj en matière de mesures de rétorsions contre Israël n’ont eu aucune incidence sur la position ouvertement anti-israélienne et inflexible des trois autres candidats.
Dans un premier volet, les cinq candidats ont été en effet d’accord pour que l’association commerciale entre Israël et l’UE soit rompue et que les exportations de marchandises fabriquées en Judée-Samarie soient boycottées. Ce boycott mettrait pourtant en cause les moyens de subsistance des Palestiniens en Cisjordanie. Les candidats ont donc fait le choix de la confrontation au détriment de la coopération dont les Palestiniens ont fort besoin en matière économique.
Le second volet abordé a été le projet de deux Etats qui dans les conditions actuelles accroitrait la confrontation. En effet cette situation a été illustré par le fait que l’indépendance de facto de Gaza lui avait permis de bâtir une gigantesque base militaire camouflée sous les infrastructures civiles dont l’objectif avait été la destruction d’Israël. Les territoires palestiniens ont été comme d’autres pays arabes, le lieu de la montée des idéologies extrémistes des Frères Musulmans, du Hamas et de l’Iran aux dépens de la paix.
Historiquement les manœuvres de l’Empire Britannique au Moyen-Orient avaient été la source d’un partage arbitraire de la Palestine qui ne pouvait avec le temps qu’amplifier les tensions (*). Seuls deux états paisibles, pleinement démocratiques et surtout adhérant aux valeurs des Droits de l’Homme comme l’exige la règlementation de l’ONU pourraient vivre en bon voisinage (*) et cela n’est pas le cas de la Cisjordanie et de Gaza. L’indépendance de Gaza a en effet abouti le 7 octobre 2023, au plus grand pogrom de l’Histoire.
Le troisième volet a été la volonté de trois des candidats à l’exception de Jérôme Guedj et de Raphaël Glucksman de qualifier Israël d’Etat génocidaire. Jérôme Guedj a rappelé que même la CPI (Cour Pénale Internationale) n’avait pas retenu cette notion en ce qui concerne la situation à Gaza.
Olivier Faure mettant en cause ces arguments juridiques a déclaré que le génocide était une intention et non obligatoirement un acte achevé laissant ainsi ouvert la libre utilisation du mot génocide selon l’opinion de chacun. Dans ces conditions on pourrait appeler génocidaires toutes les organisations islamistes et tous les pays qui comme l’Iran prônent la destruction d’Israël de la rivière à la mer. Ségolène Royal et Emmanuel Maurel ont rejoint la position d’Olivier Faure sur ce point. Il s’agit là d’un procès d’intention fait à Israël sans base réelle en dehors des paroles de deux ministres marginaux et qui ne représentent qu’eux-mêmes (Ben Gvir et Smotrich). Seul un vote de la Knesset sous réserve que les instances juridiques suprêmes d’Israël ne s’y opposent pas, constituerait la position d’Israël.
Le quatrième volet et le plus choquant a été de rendre les Juifs responsables de la montée de l’antisémitisme en France parce qu’ils ne s’opposeraient pas suffisamment à la position du gouvernement Israélien. Cette position que l’on peut qualifier d’antisémite a été exprimée par Ségolène Royal. En effet elle constitue une atteinte à la pleine citoyenneté des juifs en France. Là encore Jérôme Guedj et Raphaël Glucksman n’ont pu que prendre leur distance en tant que juifs et le mieux qu’ils puissent faire serait de renoncer à leurs candidatures à cette Primaire.
Les juifs seraient ainsi coupables d’un antisémitisme qui serait punitif compte tenu de leur position erronée dans le conflit au Moyen-Orient. Ségolène Royal semble tout ignorer de la longue Histoire de l’antisémitisme (*). Il n’y a pratiquement plus de juifs en Europe et Ségolène Royal a donc utilisé un argument hors-sol. En France les juifs ne représentent plus que 0.6% de la population nationale alors qu’avec ce chiffre « insignifiant », ils forment la plus grande communauté juive d’Europe. Ségolène Royal (73 ans) a indiqué à Jérôme Guedj qu’il n’avait pas compris les nuances de sa pensée pourtant brutale et simpliste.
David Pujadas a justement noté que la gauche ne se concentrait que sur le cas des Palestiniens et s’abstenait de se prononcer sérieusement sur les véritables massacres des populations commis dans d’autres parties du monde.
La raison en est probablement la possibilité dans ce cas d’exprimer de façon ouverte ou dissimulée un éternel antisémitisme. Il n’y a donc plus de différence de ce point de vue entre la Gauche Républicaine et LFI.
(*) cf. : Israël, les racines de la terre et Israel, the Roots of the Earth – Par Didier BERTIN –livres parus en 2026 et en vente chez Amazon.